De la passion au haut niveau : 16 ans d’arbitrage au service du Stade Pontivyen

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Arbitrer, c’est bien plus que siffler.

Depuis 16 ans, il incarne les valeurs du Stade Pontivyen sur tous les terrains, des pelouses amateurs aux stades en ébullition. Passion, exigence, décisions sous pression et amour du jeu : il nous ouvre les portes d’un rôle souvent méconnu, mais essentiel au football. Rencontre avec un arbitre animé par le respect, la performance… et le plaisir du jeu.

Peux-tu te présenter ?

J’ai 31 ans. J’ai découvert le football au Stade Pontivyen à 10 ans, et aujourd’hui, je suis arbitre licencié au club.

Depuis combien de temps es-tu arbitre au club ?

J’ai passé mon examen d’arbitre officiel en octobre 2009. Cela fait donc 16 ans que j’arbitre avec une licence au Stade Pontivyen.

Qu'est-ce qui t'as motivé a devenir arbitre ?

Plusieurs éléments m’ont donné envie de me lancer. D’abord, mon frère avait passé l’examen avant moi ; j’ai donc pu l’observer et découvrir cet univers.

Ensuite, j’avais une vraie envie de compétition et je rêvais du haut niveau. Je me suis rendu compte après quelques passements de jambes et roulettes ratées que ça allait être compliqué d’aller au haut niveau en tant que joueur.

Donc je me suis dit, pourquoi pas dans l’arbitrage ?
Le fait de changer de stade et d’équipe chaque week-end, de devoir prendre des décisions importantes et la possibilité de progresser dans la hiérarchie m’attiraient énormément.

J’ai donc franchi le pas et passé l’examen officiel, j’avais 15 ans.

Quelles sont les qualités essentielles pour être un bon arbitre ?

Il faut d’abord du courage : assumer des décisions parfois impopulaires ou complexes fait partie du rôle. Ensuite, la résilience est indispensable. L’erreur existe, elle fait partie du job mais malheureusement elle est souvent mise en lumière dans le football.

Faire face à ces moments difficiles, rebondir, se remettre en question… tout cela forge le caractère et permet de progresser.

Enfin, la communication joue un rôle central : échanger avec les assistants, le délégué, les joueurs, les coachs, expliquer ses décisions, donner des consignes claires… C’est un vrai travail humain.

Trio arbitral d'un match de National 2, dont Julien Guéguen, arbitre du club.

Quel est le match le plus marquant que tu aies arbitré ?

Difficile de n’en citer qu’un !
Un souvenir incroyable reste un match à Boulogne, au stade de La Libération, en mai 2023. Boulogne jouait son maintien face à Créteil, devant 5 000 spectateurs. J’exclus un joueur de Boulogne à la 55e minute alors que l’équipe mène 1-0. C’était le feu les 35 minutes restantes et le stade était en ébullition. Boulogne s’impose finalement 1-0 et se maintient.

J’en garde une sensation de maîtrise, dans un cadre formidable, avec un super trio arbitral.

Mais je pourrais aussi citer un match international, mon premier match de Ligue 2 comme quatrième arbitre (où j’ai failli remplacer l’arbitre central à la mi-temps !), un match des Girondins au Stade Atlantique, une rencontre en Corse, à Thonon-les-Bains… et tellement d’autres !

Qu'est-ce qui te plait dans l'arbitrage ?

L’exigence.
L’exigence physique, d’abord : j’aime courir, me dépenser. Les entraînements et les matchs demandent une vraie rigueur pour garder le meilleur placement et la lucidité nécessaire à la décision.
Et puis l’aspect décisionnel et humain : arbitrer, c’est construire une stratégie, anticiper, manager des hommes, maintenir un cadre.

C’est un sport qui mêle engagement physique, gestion humaine, stratégie et prise de décision… et c’est ce qui le rend unique et passionnant.

Comment gères-tu la pression ou les critiques durant un match ?

La préparation est la clé. S’entraîner quotidiennement m’aide à arriver serein, en sachant que j’ai tout fait pour être performant.
Depuis quelques années, je travaille aussi la préparation mentale, avec des exercices dédiés. L’année dernière, j’ai même collaboré avec un préparateur mental pour aller plus loin.

Concernant les critiques, il faut savoir trier : les critiques subjectives glissent. Les remarques constructives, en revanche, méritent un échange et une explication. Et une auto-évaluation complète est toujours faite après chaque match.

Comment le club t'accompagne-t-il dans ton rôle d'arbitre ?

Le club m’a beaucoup aidé à mes débuts, notamment pour l’examen et mes premiers matchs.
Aujourd’hui, nous échangeons quand c’est nécessaire avec la cellule arbitrage et le président, qui œuvrent pour que les arbitres soient pleinement intégrés dans la vie du club.

Pourquoi conseillerais-tu à un jeune de devenir arbitre ?

Parce que c’est une expérience exceptionnelle, qui transforme vraiment.

On apprend énormément sur soi, sur les autres, et on rencontre beaucoup de monde. Et c’est aussi une opportunité d’évoluer vers des niveaux bien supérieurs à ceux auxquels on joue habituellement.

Julien Guéguen, arbitre du Stade Pontivyen

Quelle place tiennent les arbitres dans un club comme le nôtre ?

Les arbitres sont des licenciés comme les autres, souvent d’anciens joueurs animés par la même passion.

On participe à la vie du club et à ses événements. On fait partie de la famille, tout simplement.

Quelles sont tes ambitions pour les prochaines années ?

Je suis un compétiteur, attiré par le haut niveau.

Naturellement, je regarde l’échelon supérieur avec l’ambition d’aller le plus haut possible.

Je m’y prépare chaque jour, même si je sais que plus on monte, plus les places sont chères. L’essentiel reste de garder les pieds sur terre et de mettre le plaisir au centre de la performance.

Un message pour les joueurs, supporters et bénévoles du club ?

L’erreur fait partie de notre sport. Les joueurs manqueront toujours des passes ou des penalties ; les arbitres feront aussi des erreurs.

Mais nous avons tous un rôle essentiel dans les valeurs que nous voulons transmettre.
Si chacun pouvait porter haut la valeur du respect envers l’arbitre, même lorsque celui-ci se trompe, l’image du football, et les couleurs de notre club, n’en seraient que plus belles.
Je compte sur vous pour faire vivre ces valeurs fondamentales.

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